Achetée d’abord comme maison de vacances, une vieille ferme. Au hasard d’une rencontre relationnelle, Pierre Richard découvre ce charmant vignoble isolé de 20 hectares, à l’abandon, niché entre deux collines et bordé d’étangs : les salines de Gruissan, au Sud du village éponyme, à deux pas de Narbonne.
Dans ce havre, sa passion pour le vin a commencé par ce paysage sauvage de garrigue, de pinède, au ciel azur, d’une terre aride, caillouteuse, encastrée entre deux étangs surchauffés.
L’instinct du pêcheur silencieux solitaire s’installe au bord de la mer dans l’ambiance aquatique :
« Mes racines terriennes font que je n’aime pas voir dépérir la nature » précise-t-il. « C’est le respect de la nature qui devrait raisonner l’homme ».
Rapidement, commence à naître l’idée de s’installer près du massif de La Clape sur cette terre odoriférante pour la personnalité attachante : Pierre Richard amoureux fervent du pays mettra un point d’honneur à réparer au fil des ans ce que ses prédécesseurs, peu soucieux de l’état du vignoble, ont délaissé voire abîmé.
Nous assurons à nos clients professionnels, à leurs consommateurs, ainsi qu’à nos clients privés, une qualité contrôlée pour chaque vin et tous les millésimes de notre sélection.
Une vocation tardive vient de naître chez Pierre Richard au Château Bel Évêque, homme de défi et d’aventure, nullement dépité par l’état du vignoble !
Au contraire, il puise la force morale, replante de nouveaux ceps, encouragé par l’ancien viticulteur. Inspiré par son vin préféré, les Côte-Rôtie au cépage noble, la Syrah, le vigneron comédien, avec l’objectif essentiel d’améliorer la future qualité de son Corbières, décide de planter quelques 10 hectares en Syrah, Grenache Noir et Mourvèdre !
« Malheureusement dit-il, je ne m’attendais pas à une telle résistance de la part des cailloux ».
Il est conscient, que le métier de la terre demande beaucoup de temps et d’investissements affectifs autant que de sacrifices financiers importants au début dans le vignoble sans compensation, ni résultat immédiat, puisqu’il faut au minimum 4 ans avant la première récolte.
« Tant pis, plus tard, la vigne me donnera beaucoup de satisfactions personnelles ».
Le décor du vignoble composé de vieux Carignans à l’antique silhouette, survivants de la cinquantaine largement dépassée, est ainsi planté ! Egalement présents, le Mourvèdre ; cépage d’origine espagnole, qui aime les terroirs marins, de vieux Grenache Noir ; cépage dominant à Châteauneuf-du-Pape.
Les ceps sont bien enracinés dans un sol marno-calcaire sur un prolongement du massif de La Clape près de Narbonne Plage.
Avec sérieux, Pierre Richard à rénové un vignoble de haute tradition, planté de cépages typiques du Languedoc, sur un des meilleurs terroirs des Corbières. Les vignes arrivées à maturité, soit 20 ha au total (17,5 ha en AOC et 2.5 ha en VDP), il espère maintenant commercialiser près de 80 000 bouteilles dont 10% environ de rosé selon les années.
Toute la récolte 1992 de qualité insatisfaisante a été déclassée. L’artiste précise :
« Une cuvée non agréée en dégustation sera vendue comme deuxième vin sous une autre étiquette. Ce vin sera indigne d’être habillé avec l’étiquette originale » !
« Pour la première fois vu le millésime exceptionnel en 1998, mon œnologue conseil, Marc Dubernet, a élaboré une remarquable cuvée Cardinal supérieure, spéciale en densité comme en complexité, qui a induit en erreur plus d’un connaisseur en grands vins. Jusqu’à présent, mon vin paraît mieux plaire à l’extérieur de mon pays, c’est un autre métier que le cinéma ! «
En Suisse, cette cuvée » Cardinal » est tellement appréciée dans la belle gastronomie que chaque millésime s’épuise très vite !
« Mon importateur en Suisse, Lionel de Pontbriand (Torevitis S.A. à Servion), me soulevait la question des secrets de la qualité d’un grand vin. Il est nécessaire de bénéficier non seulement d’un climat ensoleillé mais surtout d’un terroir idéalement planté en vieux ceps, de récolter une vendange parfaitement saine. La nature différenciera le millésime ».
Cette terre de soleil brûlant proche de la Méditerranée exige souffrance et efforts de la vigne, embaumée par les herbes aromatiques sauvages, humidifiée par les embruns d’une rosée iodée pour créer les arômes les plus rares ; à maturité, le raisin est cueilli à la main.
Le nez plongé dans cette terre odoriférante, le nez aux quatre vents, tous remplis d’odeurs légères, le nez dans les grappes gorgées de soleil, le nez dans les barriques boisées, et enfin, le nez récompensé en 1989 avec le concours de son jeune et éminent œnologue conseil Marc Dubernet, le nez dans un premier verre rempli de son premier vin, qui a tout capté, la terre, le vent, le soleil, Pierre obtient ses premières distinctions professionnelles, grâce à une vinification naturelle et grâce à son équipe.
Son Château Bel Évêque, AOC Corbières, est un vin rouge d’assemblage composé de vieux Carignan, de Syrah, de Grenache Noir et d’un apport de Mourvèdre.
Un brin de technique : faibles rendements limités volontairement à 35 hl/ha. La vinification des cépages se fait séparément et est précédée d’une macération carbonique. Après affinage en cuve, le vin est élevé en fûts
de chêne avec soutirages manuels réguliers.
En présence de Marc Dubernet et de sa sœur, l’esprit de Pierre est critique, sensible, perfectionniste ; il apprend les termes de la dégustation.
Les trois nouveaux compères dégustent, discutent, participent à l’élaboration des cuvées ; en toute humilité ajoute P.Richard : « Un vin de qualité sera toujours irréprochable, un nouveau millésime surprenant. Je comprends ce que sont les angoisses du temps » !
Au Domaine, Pierre Richard ne fait pas de cinéma.
« Mon Corbières est un vin qui vieillit d’abord en fût de chêne, puis admirablement en bouteille durant 10 ans, pour libérer enfin ses arômes intenses de fruits rouges très mûrs et ses saveurs épicées avec la cuisine méridionale, les viandes rouges, magret de canard ou agneau ».
C’est un vin de couleur dense, riche de soleil, et corsé, qu’il faut carafer avant, pour succomber sous le charme vineux. A découvrir, un grand vin des Corbières, d’un grand comédien, devenu une célèbre valeur sûre en Languedoc et reconnu par les sommeliers professionnels.
En France, il est vendu chez Fauchon ou sur les grandes tables comme celle de Philippe Faure Brac. Un vin référencé aussi bien dans la belle gastronomie que chez les meilleurs cavistes indépendants, y compris chez de grands étoilés Michelin en Suisse.